Des années plus tard, en retrouvant des Brigitte, en les relisant avec un regard différent, elle cherchera à comprendre pourquoi elle a tant aimé cette écrivaine...
lundi 3 septembre 2007
jeudi 9 août 2007
Pourquoi B.B. a-t-elle choisi d'écrire et surtout de publier...hypothèses...
Tout une partie de la France rejette dieu et les valeurs bourgeoises. Les femmes qui avaient occupé la place des hommes aux champs et à l'usine se retrouvent renvoyées dans leur foyer. Elles sont très amères.
A Paris, rue d'Artois, vivent trois femmes:
Berthe, 29 ans, célibataire et sans profession, Geneviève 32 ans, fiancé mort à la guerre, institutrice, et Louise, la mère, femme au foyer.
Berthe est profondément catholique,intelligente, cultivée. Elle aime écrire. Elle regarde tout ce qui se passe autour d'elle...Je pense que de plus en plus lui vient l'envie de témoigner à son tour...N'oublions pas qu'elle est fille et petite-fille d'enseignants, que son père lui a légué ce goût de transmettre, de témoigner, "d'élever" les idées...Relisons la préface du premier Brigitte:

_Il faut montrer qui nous sommes, ne pas en avoir honte et essayer de répandre nos idéaux...Nous ne sommes pas faites pour cette société qui réclame liberté, plaisirs de toutes sortes...Mais nous avons aussi notre place dans ce monde._c'est le message qu'elle envoie...Ce qui me frappe c'est la quantité de textes publiés par Berthe Bernage.Feuilletons, livres, courrier des lecteurs, articles dans des revues...des milliers de pages...
Et des ouvrages très éducatifs:
-La fillette à l'âge ingrat
-Savoir écrire des lettres
-Savoir vieillir et sourire
-Le savoir vivre et les usages du monde, modernisé et republié sous le titre:
-Convenances et bonnes manières
Elle remplit sa "mission". Elle ne sera pas "une vieille fille inutile". Et elle joint l'utile à l'agréable car à chaque page, on sent à quel point elle aime écrire. "Nombre de romanciers mettent un point final après l'annonce du mariage de leurs héros. Pourtant le mariage est un commencement, bien plus qu'une fin. Quand on a fidèlement suivi la trame d'un récit, et aimé les personnages qui l'animent, on rêve de connaître la suite."(Brigitte jeune femme, introduction)
En 1923, elle entre en contact avec Henri Gautier et la directrice de "La mode pratique". La grande aventure va commencer avec le succès que l'on sait.
vendredi 3 août 2007
La guerre et Brigitte...
-J'entends le plain chant mystérieux et il dit:
"pour que la France ait chance de durer, sais-tu Brigitte de France de quoi elle a besoin ? de moisonneurs et de soldats, oui. De savants et d'ouvriers, oui. De prêtres et de moines, oui. Mais elle a encore besoin de la sainteté des femmes, faisant magnifiquement leur devoir humble. Elle a besoin d'épouses fidèles aux promesses de mariage, de mamans qui n'aient pas peur de la maternité. Et de celles aussi qu'on appelle sottement "les vieilles filles" et qu'on trouve partout où il y a un beau travail à faire. Le redressement final de la France ne s'accomplira pas si les mains qui cousent, soignent, balaient, langent et bercent, refusent de la soutenir."
Louise, la mère que ses filles aimaient tant est décédée en 1937...Le fiancé de Geneviève, la soeur aînée institutrice est mort lors de la première guerre...Geneviève 57 ans, Berthe 53 vivent dans leur petit appartement 201, faubourg Saint-Honoré...Elles sont de celles "qu'on appelle sottement "les vieilles filles"...Ce ne devait pas toujours être facile moralement et psychologiquement parlant de trouver sa place...
"Odile...Geneviève...Clotilde, Colette, Jeanne, Thérèse...Et vous toutes les autres qui, dans la famille ou dans le cloître, avez été de grandes Françaises en faisant des choses toutes petites, je me glisse parmi vous et je dis "Me voici" à la France qui m'appelle..."
Berthe est une femme intelligente mais elle n'a aucune expérience autre que la vie bourgeoise ...
"Je trouve injuste de poser une étiquette de médiocrité égoïste sur tout ce qui se passe dans la bourgeoisie. Elle eut, certes, des torts mais elle contribua à la grandeur du pays et elle maintint des vertus séculaires. Nous en sommes, nous autres, de ces bourgeois de France, dont les traditions permirent aux audacieux de faire leurs expériences sans que tout s'écroule et qui_deux guerres l'ont prouvé_ sont allés jusqu'à la générosité plénière. Vraiment, pourquoi opposer ainsi les classes sociales les unes aux autres? Elles pourraient former une si heureuse harmonie pour le bien de tous! Je voudrais que mes enfants, à quelque place qu'ils fissent leur vie, soient des messagers de paix."
(Brigitte et le coeur des jeunes. 1948)
Je la crois sincère lorsqu'elle place ses paroles dans la bouche de Brigitte...
Pour "avoir sa part" (!) Berthe évoque un Olivier prisonnier, un frère Yves qui meurt au front, une Brigitte qui se réfugie avec ses enfants en Anjou...des évènements à sa mesure...
Pivoine a écrit hier:
Je crois, que tu mets le doigt sur la question délicate. Hum, quelqu'un me disait l'autre jour, qu'à Paris, en 40, il y avait 3 millions de Parisiens pour accueillir Pétain. Et qu'en 44, il y avait encore 3 millions de Parisiens pour accueillir de Gaulle. De Gaulle a fait figure de libérateur, qu'il était, mais c'était aussi un peu un autocrate, tout de même.
C'est effectivement une question très difficile...d'autant plus que la majorité d'entre nous sont nées après la guerre...pas simple de juger...
Brigitte et notre cinéma...Et vous, qui verriez-vous ?
Henri Gautier avait "engagé" Marie-José Nat pour le rôle de Marie-Agnés...L'actrice de gauche figure sur plusieurs exemplaires de Brigitte, les photos semblent parfois retouchées et les cheveux grisonnent...
Quelqu'une saurait-elle qui est cette femme?

En regardant "Un Américain à Paris" Pivoine n'a pas lésiné...Elle a décroché son téléphone et négocié un contrat avec la belle Leslie Caron...
Quel rôle lui attribuer?
Guerre 39/45
Ce qui moi me trouble le plus dans les romans de Berthe Bernage qui se déroulent pendant la guerre, c'est, la plupart du temps, l'absence de mention de l'occupant, d'une part, et du nazisme et du régime de Vichy, d'autre part (enfin, ça je le comprends un peu mieux, son propos n'était pas politique, mais ça me fait mal - ce qui me fait mal, y a rien à faire, c'est quand on passe la Shoah sous silence...) C'est finalement dans "Le roman d'Elisabeth" qu'elle va le plus loin en campant ses héros dans la peau de prisonnier de guerre, de résistant, ou de combattants dans l'armée LECLERC. Et pourtant, dans ses romans pour enfants publiés dans "La semaine de Suzette", elle est beaucoup plus "claire" en ce qui concerne la guerre 14-18.
